Groenland en vue !
En 1909 et 1912/13, deux expéditions suisses se rendirent au Groenland.
Photographie : l'inlandsglacier, 2e jour. Séparation du groupe West, Gaule, Fick, Mercanton, Hoessly [Hössli], Jost (drapeau), 1912, photographe : Alfred de Quervain
Groenland en vue ! Regards croisés sur un héritage colonial
Musée historique de Berne
La Suisse qui se projette en terre de glaciers (verticaux) a manifesté un intérêt particulier pour les zones polaires. Quelques expéditions scientifiques se sont intéressées aux glaciers groenlandais. Le musée possède une « collection Groenland » constituée d'objets qu'elles ont ramenés au début du XXe s. L'exposition du musée ALPS, voisin, est une occasion de présenter cette collection. Bien que les objets soient relativement anodins – pas de restes humains ou d'objets sacrés, apparemment – ils sont révélateurs d'une pensée européocentrée qui fait aujourd'hui débat puisqu'il traite avec condescendance les peuples autochtones.

Des clichés que Quapnuk tente de déconstruire sur les réseaux sociaux…
Prenant prétexte de ces objets, le musée interroge ses collections « ethnographiques » et l'usage qu'il peut en faire. Les curateurs mettent en évidence l'intention initiale de documenter l'histoire suisse des périodes de glaciation, supposant la constance d'un état primitif des Inuits. Les artefacts ramenés, et les indications sur leur usage par les autochtones, ont pourtant été indispensables aux explorateurs pour affronter le rude climat arctique.
Une histoire douloureuse
Le Groenland aspire à l'indépendance. L'autonomie accordée par le Royaume du Danemark et les importantes subventions versées n'effacent pas les excès de la politique coloniale. Cette coercition des individus jugés marginaux s'est aussi pratiquée en Suisse et les femmes en ont souvent été victimes, entravées dans leur aspiration à enfanter.
Cette méfiance est une opportunité pour les visées prédatrices du Président Trump et un déchirement pour les Groenlandaises : « Pour [Trump], le Groenland est comme un jouet, qu’il peut prendre ou jeter comme il veut. […] Le Groenland n’est pas à vendre ! C’est à nous de décider de notre avenir. Que Donald Trump cherche à s’emparer de l’île m’inquiète car nous avons déjà expérimenté le colonialisme. Et avec lui ce serait encore pire. Nous ne voulons pas faire partie des Etats-Unis. Le Danemark, lui, reste notre deuxième pays » (Inger Platou in Le Temps , 14 février 2026)
Spirales – les stérilisations forcées au Groenland
Site du musée