Choix fatidiques

Malgré des redondances, parfois agaçantes, le livre de Kershaw aide à prendre conscience des multiples facteurs qui influencent un conflit aussi marquant. L'interaction entre les protagonistes, les intérêts intérieurs, les différents types de gouvernance sont autant d'éléments qui sont à prendre en considération.
Lire la suite...Dans les démocraties […], le rôle de l'individu dans l'élaboration des choix fatidiques était plus grand qu'au Japon, quoique vraisemblablement moins crucial que dans les dictatures. Comme les dictateurs, les dirigeants des démocraties agissaient sur la base de systèmes idéologiques de croyances largement acceptés. En fait, l’attachement idéologique — en l'occurrence, aux libertés démocratiques ainsi qu’aux structures sociales et politiques qui les étayaient — était très certainement plus profondément et largement enraciné que les valeurs fascistes et militaristes de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon ou que la vision du monde communiste de l’Union soviétique.
p. 678
Chroniques d'un enfant du pays

In the white community, the path to a more perfect union means acknowledging that what ails the African-American community does not just exist in the minds of black people; that the legacy of discrimination - and current incidents of discrimination, while less overt than in the past - are real and must be addressed. Not just with words, but with deeds - by investing in our schools and our communities; by enforcing our civil rights laws and ensuring fairness in our criminal justice system; by providing this generation with ladders of opportunity that were unavailable for previous generations. It requires all Americans to realize that your dreams do not have to come at the expense of my dreams; that investing in the health, welfare, and education of black and brown and white children will ultimately help all of America prosper.
Pour la communauté blanche, la voie vers une union plus parfaite signifie de reconnaître que les maux qui tourmentent la communauté afro-américaine n’existent pas uniquement dans l’esprit des Noirs ; que l’héritage de la discrimination – et les cas actuels de discrimination, bien que moins flagrants que par le passé – sont réels et méritent une réaction. Non seulement verbale, mais concrète : investir dans nos écoles et nos communautés ; appliquer nos lois sur les droits civiques et garantir l’équité de notre système pénal ; proposer à la nouvelle génération l’ascenseur social qui a été indisponible pour les générations précédentes. Cette voie implique que tous les Américains comprennent que les rêves des uns ne se réalisent pas nécessairement au détriment de ceux des autres ; qu’en investissant dans la santé, le « welfare » et l’éducation des enfants de toutes les couleurs, nous allons, en bout de course, aider l’Amérique toute entière à prospérer."We the people, in order to form a more perfect union."
Barack Obama, Philadelphia, 18 mars 2008
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Désarmer les citoyens
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Comme des chevaux qui dorment debout
Journaliste, correspondant de guerre, écrivain, Triestin, Rumiz m'offre une belle découverte. Son récit est un hommage à son grand-père et à tous ses contemporains morts pour la patrie. Avant tout, c'est un plaidoyer pour que ces vies perdues ne soient pas vaines.La terre, toutefois, capte des signaux. Elle vibre comme le crayon d'un sismographe. Elle sent le front, elle flaire, dans la nuit noire, les lieux où l'on maniait l'arme blanche. Tranchée des Branches, San Michele, Selz, mont Sei Busi. Si la plaine m'est inconnue, ces hauteurs, en revanche, je les connais par cœur. Je sais que chaque mètre est imprégné d'agonies, marqué par des vies démembrées, crucifiées surles barbelés, mutilées par des pièges. Mais je sais aussi que rien, sur ce terrain ne rappelle l'immensité de la douleur. Je devrais piétiner des douilles, des immondices, du sang, des haillons, des membres humains, des gamelles, des restes de nourriture, des sabots, des fers à cheval, des excréments, des semelles de chaussures, mais l'homme et la nature ont tout effacé. La nuit sent bon l'herbe et des villages entiers festoient et font l'amour sur les restes d'un gigantesque sacrifice humain.
Je prends la petite route qui monte au-delà de l’église de Santo Stefano un modeste monument à deux soldats de la Grande Guerre.p. 14
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L'immense poésie
En poursuivant la mise en mots et en images d'expériences de vie et d'enrichissements intellectuels, Pajak nous mène dans l'univers de deux poétesses qui malgré leur talent restèrent isolées. Emily Dickinson, américaine du XIXe s. dont seul une dizaine de ses 1789 poèmes furent publiés de son vivant; elle préféra la réclusion. Le destin de la Russe Marina Tsvetaieva fut lui soumis aux convulsions de l'histoire du début du XXe s.Racontant l'histoire de Marina, j'ai malgré moi négligé maints épisodes. […] Néanmoins, serrant son destin au plus près, j'ai cherché à le mesurer à l'aune de la démesure de son temps, celui-ci éclairant celle-là, et vice versa. Et si ce destin est bel et bien indissociable de l'Histoire, il jette sur elle une lumière insoupçonnée, de douleur et de courage, comme un joyau de la mémoire.
p. 19
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