Mondes (im)parfaits

Maison d’Ailleurs, Yverdon-les-Bains

Schuiten
Quel meilleur lieu que celui dédié à la science-fiction pour s'interroger sur la dystopie, genre qui interroge un avenir désenchanté ?
Les curateurs relèvent qu'utopie et dystopie ne sont pas opposées mais présentent les deux formes d'un monde imaginaire. Ils se fondent sur les caractéristiques des utopies initiées par l'ouvrage de Thomas More en 1516 qui expose La meilleure forme de communauté politique et la nouvelle île d'Utopie.
Les utopies décrivant un monde idéalisé, elles en mettent en évidence l'organisation et les structures. Les dystopies appartiennent aussi au domaine de l'anticipation, mais dans un mode narratif. Ces récits font donc ressortir les failles que présentent le monde conceptuel et souvent clos de visionnaires.
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L'univers de François Schuiten et Benoît Peeters est un excellent support pour illustrer les diverses dimensions du futur, rêvé et/ou angoissant. Ils intègrent des éléments architectoniques de notre environnement dans un monde futuriste englobant. La nature s'efface devant la démesure des structures tout en mélangeant une place à l'homme. Cette présence est au cœur du récit ; les personnages ne sont pas les concepteurs de leur environnement, mais y créent un espace de vie.

L'île d'Utopia d'après une gravure de Holbein (Wikimedia commons)



Site de l'exposition

Le hasard des choses

Images Vevey

Kensuke Koike et Thomas Sauvin

Images Vevey Koike Sauvin

Journées du patrimoine 2020

Journées européennes du patrimoine sur le thème "Verticalité"

Villette – aménager la pente
Copier-coller de la visite 2019 : Cadre enchanteur, mais visite sans aucun intérêt : dommage  que Patrimoine Lavaux soit plus attentif aux aspects viticole qu'à la culture… Cette année s'est au moins préparé à enrichir son commentaire de touches historiques.

Lausanne – le verticalisme allemand
Quelques immeubles (Magasins Bonnard, immeuble Payot, Banque fédérale, Galeries St François) sont quelques rares témoins romands d'un mouvement associé à l'expansion du commerce né à Berlin. Les deux premiers immeubles ont été dessinés respectivement par les bureaux d'architectes Taillens & Dubois et Monod & Laverrière qui réaliseront la Gare CFF de Lausanne.
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Galeries St François, Lausanne

La seule histoire

Julian Barnes, La seule histoire (The Only Story), folio, Le Mercure de France, 2018.

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Morris Minor

Roman en forme de triptyque. L'histoire de Paul, celle d'un premier amour à 19 ans pour une femme d'âge mûr, l'accompagne pour la vie. Unique par son incongruité, cette alliance entraîne le narrateur dans une forme de loyauté difficile à assumer.
En utilisant pour chacune des sections un pronom différent, Barnes suggère le distanciation au regard sur nos vies amenée par la maturation. Ce procédé, et l'analyse du détachement qu'il permet, est sans doute l'aspect le plus attachant de ce roman.

[…] il pensait qu'il ne ferait probablement plus l'amour avant de mourir. Probablement. Possiblement. À moins que. Mais tout bien considéré, non. Pour cela il fallait être deux. Deux personnes, première personne et deuxième personne: je et tu, toi et moi. Mais à présent, la voix tapageuse de la première personne en lui était étouffée. C'était comme s’il regardait, et vivait, sa vie à la troisième personne. Ce qui lui permettait de la jauger plus précisément, pensait-il.

p. 251


Site du Mercure de France
André Clavel pour Le Temps

Théâtre d’ombres de Java

Setyaka, du groupe des Pandavas. Malgré un caractère grossier caractérisé par son visage tourné vers l'avant et ses jambes largement écartées, son visage noir, sa taille étroite, son nez pointu, ses petits yeux et sa bouche fermée montrent qu'il s'exerce à un comportement vertueux.


Théâtre d’ombres de Java, Des histoires sur la vie et le monde. Musée Rietberg

L'espace central de l'exposition est occupé par une cinquantaine de figures du théâtre traditionnel Wayang Kulit de Java. Découpées dans du parchemin perforé et rehaussées de couleurs et d'ors, ces personnages articulés font référence au Mahabharata. Les représentations s'organisent autour de la querelle familiale entre les Kauravas et leurs cousins, les Pandavas tout en intègrent des éléments de la vie quotidienne ou politique actuelle. Le Dalang, l'ombriste, joue un rôle essentiel : non seulement il manipules les figures, mais raconte l'histoire dans le respect des traditions javanaises.
La survivance de ces représentations, attestées dès le XIIe s., dans le contexte largement islamisé de l'Indonésie rappelle la force des traditions culturelles vivantes.

Site de l'exposition - détail des cartels

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Kader Attia

The Scream – Krankheitsmaske,Buch und Regal, 2016

Kader Attia, Remembering the Future

Artiste français d'origine algérienne, né en 1970, Kader Attia est un habitué des espaces interculturels. Pendant son enfance, il fait de fréquents allers-retours entre la banlieue de Paris et l'Algérie. Il partage aujourd'hui son temps entre Berlin, Paris et Alger. Il a aussi vécu au Congo et en Amérique du Sud. Ces diverses expériences nourrissent une œuvre qui interroge la diversité culturelle et en particulier la manière dont l'Europe traite son passé colonial.
L'exposition présente divers espaces qui invitent au questionnement.

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